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3 Classifications spectrales

Dans l'introduction nous avons signalé qu'un travail de classifications dans le proche IR d'étoiles à spectre composite confirmait le caractère composite de HD 174016. La première investigation (Ginestet et al. 1997), effectuée avec des spectres CCD obtenus au moyen du spectrographe CARELEC du Télescope 193 cm de l'OHP, conduisait à attribuer à la composante froide la classification G8III-IV : le domaine spectral était 8370-8780 Å et la dispersion était de 33 Å/mm. A la suite d'une étude complémentaire (Ginestet et al. 1999), toujours dans le proche IR mais avec un domaine spectral plus étendu (500 Å au lieu de 400 Å) et un autre instrument de l'OHP (spectrographe AURELIE -Télescope 152 cm) nous avons révisé légèrement notre classification et retenu le type spectral G6III. Dans la suite de cette analyse, nous verrons que les données d'Hipparcos confirment que la composante évoluée de HD 174016-7 doit en effet être une étoile géante.

Des observations, récemment effectuées dans le domaine spectral du bleu - proche UV ( 3800 -4200 Å) au moyen du spectrographe AURELIE (R=7000 ; 16 Å/mm), nous permettent de préciser également la nature de la composante chaude. Le fait que cette dernière donne un pic de corrélation à CORAVEL laissait déjà supposer qu'elle devait être une étoile chimiquement particulière de type Am ou Ap, car lorsque les composantes chaudes sont des étoiles normales de types B ou A elles ne peuvent être détectées avec cet instrument conçu pour la mesure des étoiles froides.

L'examen des spectres dans ce domaine 3800 - 4200 Å nous a permis de détecter la présence d'une étoile Ap de type Sr, Cr, Eu, Si : en effet les raies de SrII 4078 et 4216 sont fortement dominantes, on trouve également de nombreuses et fortes raies de CrII (3866, 4002, 4012, 4018, 4111, 4132, 4146, 4172) ainsi que des raies de EuII (3930, 4130, 4205) et des raies de SiII (3856, 4128, 4131) ; le profil de la raie K de Ca II indique une étoile A des premiers types spectraux, A0 ou A1. Cette classification est d'ailleurs confirmée par l'application d'une procédure de soustraction de spectre effectuée en retranchant le spectre de la standard $\varepsilon$ Vir (G8III) de celui de HD 174016-7 : le spectre obtenu (Fig. 4) présente de nombreuses similitudes avec celui de l'étoile A0p HD 71866 (Bertaud & Floquet 1974).

C'est, à notre connaissance, après HD 59435 (Wade et al. 1996), la seconde étoile Ap trouvée dans une étoile à spectre composite : ce fait mérite donc d'être souligné ! On peut noter aussi que le spectre IR ne nous avait donné aucun soupçon sur le caractère Ap de cette composante contrairement aux cas des étoiles secondaires de type Am.

Confrontation aux données d'Hipparcos Le catalogue HIPPARCOS (1997) donne pour le système : $V = 7,44;\ \pi=2,10\pm 0,57$ (soit une distance d'environ 480 parsecs) ; $B - V = 0,455 \pm 0,015$. Nous en déduisons que la magnitude absolue visuelle globale du couple est : -0,43 < Mv < -1,64 mag, ces bornes correspondant à une erreur de $\pm 1\sigma$ sur la parallaxe. Ces divers éléments nous amènent à proposer pour HD 174016-7 le modèle résumé dans le tableau ci-dessous :

  Primaire Secondaire Système Système
      (modèle) (observé)
Spectre G6III A0Vp   G6III+A0p
Mv 0 0,6 -0,5 $\rm [-1,6$ ; $\rm -0,4]$
B -V 0,88 -0,02 0,46 0,455

dans lequel les indices de couleur figurant en Cols. 2, 3 et 4 correspondent aux calibrations de Schmidt-Kaler (1982). Ces paramètres, compte tenu des spectres observés, sont ceux qui satisfont au mieux les données d'HIPPARCOS, Mv et B - V globaux du couple, en négligeant l'absorption interstellaire.


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